La social-démocratie est une idéologie compliquée, avec une histoire très convolutée au travers du temps et de l’espace. Historiquement, la social-démocratie allemande était sincèrement anticapitaliste, mais prête à passer par des réformes et par la coopération avec l’État bourgeois, quoique l’influence marxiste force à débattre de la seconde proposition.
De même, quand on parle de social-démocratie moderne, on parle aussi des actions d’un grand nombre de partis de l’Internationale socialiste et de l’Alliance progressiste, qui mènent une politique que j’ose qualifier de libérale.
Tandis que d’autres sociaux-démocrates proposent que, pour chaque euro de dividende, un euro soit remis aux salariés, et qu’un tiers des sièges du conseil d’administration des entreprises soient détenus par les employés.
La famille sociale-démocrate est donc très large. Si, en France, on y inclut toutes les personnes considérées par une partie comme sociales-démocrates, on passe de Cazeneuve et de la Convention, qui contient des députés macronistes, à LFI, en passant par les Verts, les communistes, les socialistes ou encore Place Publique.
Je souhaite donc offrir une métaphore pour expliquer cette différence. La social-démocratie moderne peut être définie comme le soutien à une économie mixte, c’est-à-dire un mélange de socialisme et de capitalisme, de la même façon qu’un cocktail est un mélange d’alcool et de diluant.
Toutes celles et ceux qui auront bu des cocktails maison et des cocktails de bar sauront que, quand bien même ils portent le même nom, les cocktails maison ont souvent une part d’alcool plus importante, et leur effet l’est tout autant.
De même, la social-démocratie vient sous différentes formes, avec différentes teneurs en capitalisme et en socialisme. Tandis que certains sociaux-démocrates feront un mélange à 50 % socialisme et 50 % capitalisme, voire à 70 % socialisme et 30 % capitalisme, d’autres feront un mélange à 20 % socialisme et 80 % capitalisme, voire encore moins.
Et ils auraient tous techniquement raison de se faire appeler sociaux-démocrates. Une économie mixte n’est pas une assurance sur la teneur du mélange. Il serait alors nécessaire de posséder des mots pour décrire différentes catégories de social-démocratie, selon les différentes teneurs de socialisme et de capitalisme.
Par exemple, en unité de socialisme :
J’ai fait attention à ne pas inclure 0 % et 100 %, car ce ne sont plus des mélanges.
S’il était possible de leur donner des noms plus politiques, ce serait bien mieux. Par exemple, une teneur intense en socialisme pourrait être appelée pseudo-socialisme, et une faible teneur en socialisme pourrait être appelée pseudo-capitalisme.